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ESBA Tours Conférences L’Œuvre exposée

L’Œuvre exposée

Séminaire de master 
Jeudi 12 et jeudi 26 octobre 11 h 00 – 18 h 00

Rémi Parcollet, historien de l’art contemporain et spécialiste de l’histoire des expositions, est invité par Sandra Delacourt et Hélène Agofroy à intervenir, cette année encore auprès des élèves de quatrième année en option Art. Dans un premier temps, lors de rencontres organisées à la bibliothèque de TALM-Tours, les élèves seront invités à prendre appui sur les archives visuelles d’expositions de l’historien pour questionner l’acte d’exposer. Enrichie de ces fondements théoriques, la seconde partie se matérialisera dans l’espace à travers des situations d’accrochage qui accompagneront les élèves de quatrième année dans la réalisation d’un projet commun d’exposition.

L’histoire des expositions en tant que discipline spécifique est récente, donc encore imprécise. Dès lors, quels sont les outils et les méthodes à inventer ? Peut-on étudier une exposition pour ce quelle a véritablement été, en toute objectivité ? Ou doit-on plutôt juger que nous sommes dans une pratique interprétative en analysant une exposition à travers les divers documents produits autour d’elle ou les témoignages ? Comment gérer l’aspect éphémère des expositions ? Peut-on conserver la mémoire d’une exposition longtemps après sa première occurrence?

L’exposition qu’elle soit permanente ou temporaire est avant tout caractérisée par son aspect éphémère. Qu’elle dure quelques heures, jours, semaines, voire quelques mois, qu’elle ait ou non une itinérance, l’exposition finit toujours par disparaître pour ne rester que dans la mémoire de ses visiteurs, et à travers les quelques traces matérielles que sont les catalogues et les archives. Traversée par une pensée de la monstration, l’histoire des expositions en dit beaucoup sur ce qu’un artiste ou un commissaire d’exposition – une société tout entière peut-être – fait aux œuvre d’art ? Comment étudier aujourd’hui les pratiques d’accrochages, leurs évolutions et conséquences multiples sur la perception et l’appréhension des œuvres d’art ? Comment doit-on gérer l’aspect éphémère des expositions ? Comment se décline cette condition particulière de l’exposition ? Comment peut-on ou doit-on conserver la mémoire des expositions, voire même reproduire une exposition longtemps après sa première occurrence ? En questionnant l’exposition, il s’agira d’aborder une question plus vaste liée à la mémoire de ce que l’on regarde. Photographie et Exposition sont étroitement liées. Toutes deux consistent à « montrer » et surtout à « mettre en lumière ». Au-delà de leurs analogies, elles sont interdépendantes. Quantité d’œuvres et d’expositions ne sont connues du public que par le biais de leur image photographique. Mais surtout, malgré l’expérience de l’œuvre, la photo et son cadrage se substituent dans bien des cas à son souvenir. Cette incidence impose une vaste question, liée à la polysémie des œuvres en situation d’exposition, à la mémoire de ce que l’on regarde et même à l’évolution des pratiques artistiques. Les photographies d’une exposition révèlent bien souvent sa mise en lumière et nous rendent mieux attentifs à ce qui échappe lorsque nous vivons et nous déplaçons dans l’accrochage.

 

Crédits photographiques : Philippe Parreno Viva Arte Viva Central Pavilion, Curated by Christine Macel Archive of the 2017 Venice Biennale Images courtesy of Venice Biennale and Gladstone, New York. Photos by Francesco Galli, Andrea Rossetti

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