Visuel 3

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ESBA Tours Événements Lumière, espace, couleur

Lumière, espace, couleur

Workshop : du lundi 6 au vendredi 10 mars 2017

Ouverture publique des expérimentations : jeudi 9 et vendredi 10 mars de 17 h 30 à 19 h 30 

Après une première session de travail en février au 37è Parallèle, le workshop Lumière-Espace-Couleur dirigé par Michèle Tolochard et Frédéric Tétart se poursuit du 6 au 10 mars. À travers une approche sensible, pratique et théorique, alliant physique contemporaine et voies ouvertes par les artistes dans la pratique de la lumière au XXe et XXIe siècles, les élèves sont invités à se questionner aux côtés de Frédéric Tétart sur la perception de la couleur, de la lumière et de l’espace. Le public est invité à découvrir les différentes expérimentations menées dans le cadre de ce workshop les 9 et 10 mars de 17 h 30 à 19 h 30.

Cage compose la pièce 4’33’’ en 1951. En 1952, face à une portée sans note divisée en trois mouvements, le pianiste David Tudor joue publiquement la composition. « On entendait un vent léger dehors pendant le premier mouvement. Pendant le deuxième, des gouttes de pluie se sont mises à danser sur le toit, et pendant le troisième ce sont les gens eux-mêmes qui ont produit toutes sortes de sons intéressants en parlant ou en s’en allant » commente John Cage. 4’33’’ marque l’un des renversements les plus radicaux de l’écoute, c’est-à-dire un bouleversement de la question de l’objet et de la situation d’art.

Pendant le workshop, les élèves expérimentent l’outil de la lumière, en laissant flotter le fil de questions ouvertes qui transitent par Malevitch, passent par Cage et Rauschenberg, par la lumière d’Irwin, en remarquant dans l’histoire de la perception des changements progressifs d’attitude, des prises de consciences scientifiques, une attention plus grande portée aux contextes et aux relations : au monde comme tissu d’informations sensibles et de situations inter-agissantes en constante métamorphose, au vide qui les met en rapport et les laisse se déployer. Cette action non-destructive, cette attention précise au lieu révélé ou modifié par la lumière, ces qualités de présence qui émergent d’un geste minimal, d’un flirt permanent avec l’invisible, est aussi une forme d’écologie.

Si on délaisse l’espace, il vous le rend bien. L’espace, c’est ce qui apparaît quand on cesse de considérer le monde comme un décor, une marchandise ou la promesse d’un au-delà, c’est comme une chose vivante avec laquelle on peut interagir magiquement, ici et maintenant. La présence, c’est ce qui flotte, suspendue, active, à la fois image et mouvement. Intérieur et extérieur ne font qu’un. La lumière en dissout les frontières.

Frédéric Tétart

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Crédits photographiques
Mathilde Baron, 2016.

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